jeudi 13 décembre 2012

Le sport d'une vision

Par Jean-Philippe Gagnon
Maurice Richard :
Quand il lance, l'Amérique hurle.
Quand il compte, les sourds entendent.
Quand il est puni, les lignes téléphoniques sautent.
Quand il passe, les recrues rêvent.
C'est le vent qui patine.
C'est tout le Québec debout.
Qui fait peur et qui vit
Félix Leclerc

Nous sommes à une période critique pour ce qui est de la confiance de la population envers ses leaders. 

L’actualité de la commission Charbonneau et celle des chefs municipaux (Tremblay, Vaillancourt et Marcotte) quant à l’exercice d’un certain pouvoir propulsent à des sommets les plaintes, le cynisme, la démobilisation, la polarisation et la prépondérance des égos. Voilà un « melting-pot » de conséquences néfastes qui dépassent en gravité les sommes d’argents en fonds publics détournées par quelques parias et hommes de petites tailles. D’ailleurs, avons-nous remarqué l’absence de femmes dans ces processus mafieux ? Le Boys club…

Penchons-nous sur Montréal, la métropole du Québec. J’en arrive au constat que nous sommes bel et bien à la fin d’un cycle, un creux de vague qui présente une opportunité exceptionnelle : la reconstruction ! 

Pour remonter la côte, pour rebâtir, je propose un modèle. La ville pourrait s’inspirer de l’institution qui a été à l’instigatrice de la révolution tranquille et qui entame également une sévère période de reconstruction, le Canadien de Montréal. La métropole pourrait calquer le CH autant dans ses fondements que dans sa pratique.

Le changement s’y articule en fondements par un pivot de culture de 360 degrés avec en son cœur les détails qui établissent des standards de victoire et en pratique par l’implantation d’une structure organisationnelle d’une nouvelle génération.

Montréal partage plusieurs points similaires avec la reconstruction actuelle du CH.

1-La ville a atteint un cul de sac. Il n’y a plus aucune stratégie d’ensemble ni chef d’orchestre dans la métropole du Québec. Plus personne ne s’occupe de la vision d'ensemble, du développement économique, du rayonnement international, du demain de Montréal. Les groupes d’intérêts mènent la métropole.

2-L'absence d'une culture de développement est tout aussi flagrante. 

3- Montréal vit des moments arides mais possède un excellent noyau pour se propulser de nouveau parmi l’élite. Il reste à définir qui pourra briser le statu quo et en assumer les responsabilités!

Comment mettre à exécution le changement ? Par des élections ! Il ne faut pas chercher plus loin. Le côté pratique, le leadership, devrait être assumé par la population qui doit continuer d’exiger des réponses et de la rigueur. Les fondements doivent émerger à travers de nouvelles idées portées par la liste de candidats à la mairie. Ce sera à la population de mandater la bonne personne. Le défi de reconstruction à la mairie doit interpeller des candidats de prestige.

On doit envisager une personne qui aura le courage de se mouiller, de CHOISIR en concentrant les ressources autour d’une poignée (3?) de projets ou enjeux phares.

La coïncidence de l'intensité du sport à Montréal

En poussant plus loin l’allégorie avec le Canadien pourquoi ne pas être convaincu que la métropole puisse capitaliser davantage sur l’un de ses actifs les plus importants et à la fois tellement dévalorisés, le sport. Montréal a tout pour devenir une plaque tournante pour le sport professionnel et amateur en Amérique du Nord ! Les Canadiens, les Alouettes, l’Impact, la Coupe Rogers, Interbox et GYM, la F1, etc. Il y a un positionnement à ancrer autour de ces assises. Si Boston a fait des Red Sox son symbole à l’international, pourquoi ne pourrions-nous pas en faire autant ?

L’on cherche le destin du Stade Olympique. Pourquoi ne pas en faire un centre de développement élite pour les athlètes, une adresse pour l’excellence sportive? Il y avait près de 50 000 personnes pour la partie des Alouettes le 18 novembre. N’est-ce pas là un signe encourageant d’un lieu de grands rendez-vous ? 

On sait aujourd’hui qu’aucun athlète n’arrive à l'excellence par hasard, il a besoin d’un entourage d’entraîneur et de gestionnaires, d’infrastructures de pointes, de mentors, de rivaux locaux, etc. Calquons les réponses à nos défis de décrochage, de pauvreté, de santé et de suicide sur les modèles de développement qui existent et qui sont perfectionnés par nos talents (individus et organisations) sportifs. Le sport, aux côtés de la culture et de l’ingénierie, voilà sur quoi miser pour le prochain maire, un mandat avec en son cœur le développement !

Pourquoi la comparaison avec le tricolore ? 

L’inspiration.

Quelle coïncidence quand même ! Le marketing du CH : « La ville est hockey ». Eh bien en ce moment, la ville n’a plus de hockey, lock-out dans la LNH oblige, et le hockey n’a plus vraiment de ville... 

Il s’agit de notre sport national, c’est celui qui nous rassemble. S’il a été par le passé une bougie d’allumage, peut-être peut-il encore propulser notre imaginaire ?

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Lectures connexes
Voici une perspective de la situation chez le Tricolore en deux extraits de chronique provenant d’experts au Québec, Martin Leclerc et Renaud Lavoie, concernant l’état du chantier au printemps dernier. D’abord le 7 mai :

« Ça fait deux fois que Geoff Molson se présente en conférence de presse et qu’il explique de façon très claire son plan de relance du Canadien : 1) retrouver le succès à court terme; 2) instaurer une stabilité à tous les niveaux de l’organisation, y compris derrière le banc; 3) instaurer une culture gagnante à long terme. »


Puis le 20 juin :

« (…) Il faut dire que Geoff Molson et Serge Savard ont fait toute une équipe. On a senti qu’ils ont travaillé main dans la main pour relancer le Canadien et la transformation est imposante.
Pas moins de 12 personnes ont été engagées depuis l’arrivée de Marc Bergevin et la très grande majorité des nouveaux venus sont québécois.
On a senti un vent de sympathie revenir chez le Canadien et Geoff Molson se dit très heureux de voir le groupe de dirigeants qu’il a maintenant dans son organisation. «Même si notre nouveau groupe n’a pas gagné un match, je suis très heureux. Je regarde son groupe et on parle de gens d’expériences comme dirigeants et aussi comme anciens joueurs. Ce sont des gens qui ont gagné.» »



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