vendredi 12 septembre 2014

La puck roulait pas pour nous autres… de Philippe Navarro



 
Synopsis
Comment gagne-t-on la Coupe Stanley? Grâce à la défense ou à l’attaque? Quelle est l’importance de la position de gardien? Qui a été le meilleur attaquant, toutes époques confondues? Quelle est la valeur réelle d’un choix de repêchage? 

Ce sont ces constats que Philippe Navarro, conseiller expert au gouvernement du Québec et passionné de statistiques sportives, nous dévoile en décortiquant les 44 saisons (1968 à 2012) de la LNH. En mode « MoneyPuck », avec rigueur, humour et références aux questions existentielles de tout amateur de hockey, l’auteur nous plonge dans les entrailles de notre sport national.

Alors que le camp des recrues des Canadiens s’ouvre ce week-end, l’automne s’installe et il est évident qu’une nouvelle saison de la LNH, la 46e, est à nos portes. Pour prédire les performances futures de votre équipe favorite il vous faut lire ce bouquin pour saisir les causalités mathématiques régissant une victoire de la Coupe Stanley.

Leçons clés

·         Attaque > Défense?
C’est grâce à la défense qu’on gagne au hockey. L’avantage à la défense est tangible, mais tout de même pas exclusif. Avoir une attaque pourrie est moins pire qu’avoir une défense pourrie. Le classement défensif est le plus étroitement corrélé avec le classement général.

·         Défense 101
Le taux d’arrêts reflète les systèmes de jeu et la qualité des défenseurs. C’est une statistique d’équipe.

·         Carey vs Tokarski
L’écart entre les bons et les ordinaires gardiens de but se resserre et ils arrêtent collectivement de plus en plus de rondelles dirigées contre eux. Une équipe peut se permettre d’aligner un gardien médian et s’en tirer; elle sacrifierait jusqu’à 4 rangs au classement de sa conférence sans pour autant perdre sa qualification. 

·         L’énigme des séries
Remporter 16 victoires en séries éliminatoires n’est pas une affaire de régularité mais une histoire de séquence opportune. Fondamentalement, il ne faut pas perdre 3 matchs d’affilée. Les gagnants de la Coupe ont eu, en moyenne, des saisons de 106 points. Les meilleures défenses ont récolté autant de Coupes, que les meilleures attaques ont fait de finales. L’excellence accrue va à la défense.

·         Michel Therrien a raison
Pour gagner au hockey il faut théoriquement marquer plus de 3,17 buts par match.

·         Draft 101
o   Le premier indicateur de performance d’une organisation en matière de recrutement est d’abord, ne pas nuire. Par exemple, il ne faut pas manquer à son tour un joueur de 700 points en carrière.
o   44,3% des joueurs repêchés jouent au moins un match dans la LNH.
o   Tous les joueurs ayant soit joué beaucoup de matchs, soit marqué beaucoup de points, soit causé des ecchymoses aux adversaires se sont avérés des actifs de valeur. Il y a des sacrés bons choix hors du tout premier mais le tout premier choix est de loin, en moyenne, le plus payant. Les joueurs « de carrière » (400 matchs) ne sont pas repêchés, statistiquement, en dehors de la première ronde. Les joueurs de 2e et 3e tours qui inscrivent plus de 100 points en carrière auront été de bons choix.
o   Un joueur de 400 points en carrière et encore de bonnes années devant lui vaut facilement un choix de première ronde.
o   Un bon tiers des clubs de la LNH repêche à peine mieux ou à peine pire que s’ils se fiaient bêtement à une liste établie par leurs rivaux.
o   Détroit, Pittsburgh, Boston et New Jersey repêchent dans la bonne moyenne mais sans plus, et ont probablement été les franchises avec le plus de succès durant la période.

·         Gestion des actifs 101
L’avantage est de faire des gains sur l’optimisme des autres. Il serait beaucoup plus payant, pour un club fin renard, de « scouter » les mauvais directeurs généraux, ou du moins ceux qui sont aux prises avec des contingences temporelles ou financières, que de tente d’éventuels « coups de circuit » de rondes tardives. On n’a qu’à prendre en exemple le Centenaire du CH qui a complètement hypothéqué la gestion des actifs du club…

Philippe Navarro nous propose avec son livre une perspective globale rafraîchissante de ce qu’on peut apprendre des statistiques sportives. 

On regrette l’effleurement de la notion de formation optimale liée à la problématique de l’allocation des ressources financières. Par contre, les statistiques ne font que débuter leur percé dans le monde conservateur du hockey professionnel. J’ai l’impression que Navarro reviendra à la charge rapidement avec un second ouvrage!

Jean-Philippe Gagnon

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