dimanche 23 novembre 2014

Le sport à Montréal, une mine d’or à exploiter



Une semaine, deux événements phares ! D’abord Je Vois Montréal, grande mobilisation et 300 projets pour relancer la métropole. Ensuite, un dîner conférence au CORIM sur le thème du sport avec Geoff Molson du Canadien, Joey Saputo de l’Impact, Eugène Lapierre de la Coupe Rogers et François Dumontier de la F1. Quatre grandes adresses de sport montréalaises pour la première fois sur un même panel !

La discussion s’est développée sur la prémisse que la métropole devrait capitaliser davantage sur l’un de ses actifs les plus importants, le sport. Montréal a tout pour devenir une plaque tournante pour le sport amateur et professionnel en Amérique du Nord ! Les Canadiens, le marathon, les Alouettes, l’Impact, la Coupe Rogers, Interbox et GYM, la F1, le patin de vitesse, le plongeon, le UFC, les sports universitaires, etc. Il y a un positionnement à ancrer autour de ces a ssises. Si Boston a su valoriser ses actifs sportifs pour devenir un aimant touristique, une ville prospère où ses citoyens sont en forme et en santé, une ville de gagnants et de grands talents, pourquoi ne pourrions-nous pas en faire autant ? 

Montréal partage plusieurs des actifs de Boston et peut en faire plus. Il nous revient à définir une stratégie d’ensemble qui saura tisser des liens forts, connecter les points entre chaque rendez-vous.

À cet égard, le panel sportif est demeuré assez timide sur des idées concrètes. En comparaison, les nombreuses personnalités du monde des arts et spectacles n’hésitent pas à prendre la place et revendiquer publiquement le lien étroit entre le succès de Montréal et le dynamisme de la culture. On connait le branding « Montréal ville de festivals » et cela s’est déjà traduit en investissement important de fonds publics dans la Place des festivals.

On souhaite une suite à ces grandes mobilisations que sont Je Vois Montréal et la conférence du CORIM. C’est d’ailleurs dommage qu’on n’ait pas vu les leaders sportifs de la métropole déposer une initiative à Je Vois Montréal. Il faut passer de la parole aux actes et il me semble que le sport soit un véhicule pour bien plus que du divertissement. McKinsey annonçait dernièrement que l'obésité coûtera aussi cher que le tabagisme. La santé c’est le sport.

Si Montréal peut compter sur la communauté culturelle, ses grandes universités et écoles, la métropole devrait aussi compter sur ses actifs sportifs pour se propulser parmi l’élite. Le privé devra mener la charge. Dans un climat de croyance de récession et de compressions budgétaires, les paliers de gouvernement ne seront plus les bailleurs de fonds principaux de grands projets. Voici donc l’époque de l’âge d’or des familles fortunées, groupes privés et surtout initiatives axées sur la collaboration. Un tournant nécessaire au Québec diront certains.

Joey Saputo a d’ailleurs soulevé brièvement le rendez-vous manqué au Parc Olympique d’un investissement massif d’un consortium Saputo, Beaudoin et Bronfman. La complexité du montage financier de la couverture du stade sous le gouvernement Marois a hypothéqué le projet. Une opportunité perdue. L’idée demeure excellente.

« La ville est hockey », le pont Champlain aurait pu devenir le pont Maurice Richard, le Maire Coderre, grand passionné de hockey, a relancé la saison de David Desharnais l’année dernière par un simple tweet; il est temps que Montréal dépasse l’étape de la passion et développe le sport comme locomotive de développement.

Par Jean-Philippe Gagnon

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